Remember the Juppettes.

Plus d’un an après, Bordeaux Magazine, la publication de la mairie, sort un deuxième numéro de son supplément « 100% féminin » intitulé Bordelaises Magazine.

Alors que le premier numéro offrait une véritable tribune anti-féministe à Alain Juppé, ce dernier ne s’accorde dans ce nouveau numéro qu’un court édito. Vous pourrez lire le magazine et l’édito dans leur totalité sur cette page, mais je ne reproduis ci-dessous que la fin qui a particulièrement retenu mon attention.

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Femmes de Bordeaux, vous pouvez donc compter sur le soutien actif d’Alain dans tous vos combats. C’est lui-même qui l’affirme en ce début de mois de mai 2014.

Et pourtant… Trois jours avant la sortie de Bordelaises Magazine, Alain Juppé a eu l’occasion de faire preuve de ce soutien actif, lors de la cérémonie de commémoration de l’esclavage, de la traite et de leur abolition, organisée par la Mairie de Bordeaux. En effet, la députée de la circonscription sur laquelle se déroulait la cérémonie, Sandrine Doucet, réitérait sa demande, après une requête aux services de Juppé à laquelle il fut répondu par la négative, de pouvoir s’exprimer et évoquer les femmes, premières victimes de l’esclavage moderne.

Comme le dit Sud-Ouest, « requête refusée » par Juppé qui « représente et parle pour tous les bordelais », et donc pour toutes les bordelaises. Juppé n’est pas féministe mais sexiste, de même qu’il n’est pas anti-raciste mais simplement anti-Dieudonné.

Juppé est l’incarnation du patriarcat qui essaie de se faire passer pour ce qu’il n’est pas pour prendre la parole (dans le sens d’ôter) à celles et ceux qui ne l’ont pas, comme lorsqu’il lâche « bring back our girls » qui, dans sa bouche, sent bon la nostalgie colonialiste…

Quant à toi, concitoyen votard qui a permis à notre tête d’œuf locale de se maintenir sur le trône, combien de promesses non-tenues et de mensonges te faudra-t-il encore avant d’arrêter de te condamner toi-même au silence en glissant des bulletins dans des urnes ?

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Le titre de ce billet fait référence aux douze femmes qui firent partie du fameux gouvernement Juppé en 1995. Mais sur les douze nommées, seules trois restèrent en place, les neuf autres ayant rapidement été évincées, l’effet d’annonce paritaire passée. Le féminisme à la Juppé