Plus de voitures, moins de gens (pauvres)

Alors que Vincent Feltesse et La CUB se frottent les egos sur les piliers phalliques du pont Chaban-Delmas, il est un autre projet, moindre mais tout aussi inutile, que nos socialos locaux essaient de mener à terme. On peut au choix en rire ou en pleurer car, de projet La CUB n’en a pas vraiment : que faire de ce bâtiment laissé à l’abandon pendant des années et acquis à l’été 2012 à la demande de la mairie ? Que faire de cet ancien hôtel particulier pourvu d’une immense cour ? Un espace vert peut-être ? C’est mal connaître le PS qui était plutôt parti pour tout rebétonner et faire un gros parking*. Quand partout en France et dans le monde les villes cherchent à limiter la circulation dans leurs centres, Bordeaux accueille les automobilistes à bras ouverts.
Personne n’aurait sûrement trouvé à y redire s’il n’y avait pas eu les riverains qui n’ont rien contre les parkings, mais pas sous leurs fenêtres. La CUB a donc revu son projet : deux étages au lieu de quatre, et des espaces de jeux et des jardins partagés sur le toit. On serait presque impatient de goûter les jolies tomates au CO2 qui y pousseront et d’y mener nos bambins pour qu’ils y emplissent leurs petits poumons sains de particules fines… Voilà pour la cour, mais pour le bâtiment lui-même on a l’impression d’une discussion de fin de repas où chacun jette ses idées parce qu’il faut bien trouver quelque chose à faire : une crèche, des bureaux, un local associatif, des logements, etc. Nos élus exhibent leurs incompétences et personne n’y trouve rien à redire.

20-100feltS et al1juP : "à la santé des pauvres !"

20-100feltS et al1juP : « à la santé des pauvres ! »

Pourtant il y a quelques mois, fin décembre 2012, des militants et sympathisants du DAL avaient investi ce même bâtiment avec un projet bien réel qui ne nécessitait aucun budget particulier : utiliser ces bureaux vides et chauffés pour y faire de l’hébergement d’urgence. Il ne leur avait fallu que quelques jours d’observation pour trouver le moyen d’y entrer sans aucune effraction. Mais dans notre beau pays symbole de liberté, que des moins que rien arrivent et s’installent de leur propre initiative, avec un projet en béton qui plus est, cela ne se fait pas. D’où l’usage de la fameuse violence légale pour expulser cette poignée de personnes pacifiques, n’ayant commis aucune dégradation. Une fois encore, la sacro-sainte propriété privée prend le pas sur l’humain. Peu importe les morts de la rue du moment que chacun reste chez soi. Le seul problème est d’avoir un chez soi. Merci La CUB !

* parking qui, nous l’espérons, sera géré par Vinci (ironie)