Mieux vaut être homophobe qu’anti-corrida.

Le socialiste mou Gabriel Bellocq, maire de Dax et et vice-président du Conseil Général des Landes, n’aime apparemment pas trop que les membres de son équipe municipale aient des positionnements trop tranchés. Preuve en est avec ces trois membres de la majorité municipale, étiquetés EELV, qui viennent de se faire débarquer pour avoir participé à une manifestation anti-corrida. Malgré un arrêté qui « interdisait toute manifestation à moins de 500 mètres des arènes durant le week-end », les manifestants, dont nos trois verts, ont pénétré le périmètre interdit.

Ils se sont donc fait éjecter de l’équipe, mais on va pas les plaindre. Z’ont voulu être élus ? Avoir un certain pouvoir ? C’est leur problème, on peut pas être des deux côtés de la barricade. Et on va pas pleurer pour qu’ils retrouvent leurs places.

Par contre ici, à Bordeaux, nos élus municipaux n’ont pas ce genre de souci. En effet, repensons aux prémices de La Manif Pour Tous avec la manifestation bordelaise du 8 décembre 2012 organisée par, dans le désordre, la Manif Pour Tous, Alliance Vita, les Associations Familiales Catholiques, Oui à la Vie, le Collectif pour l’enfant et autres empêcheurs de se tripoter en rond. Sud-Ouest avait à l’époque identifié plusieurs élus municipaux dans les rangs des défenseurs de la famille « traditionnelle » : les adjoints au maire Véronique Fayet (MoDem), Brigitte Collet (UDI), Jean-Charles Palau (UMP) et le conseiller municipal Maxime Sibé (UMP). Hugues Martin, dont on reparlera plus loin, s’étant excusé :

Hugues Martin sait choisir les bons sites internet pour faire passer ses communiqués.

Hugues Martin sait choisir les bons sites internet pour faire passer ses communiqués.

 

Et ils avaient, pour certains d’entre eux, remis ça en se rendant à la capitale le 13 janvier 2013 pour défiler aux côtés de Frigide Barjot, Gilbert Collard et Christine Boutin pour que les lesbiennes et homosexuels n’aient surtout pas autant de droits qu’eux autres, les gentils hétéros. Nos « représentants » municipaux étaient donc :

Véronique Fayet, adjointe au maire chargée des politiques de solidarité, de santé et des seniors.
Brigitte Collet, adjointe au maire chargée de l’enfance et de la famille.
Anne Brézillon, adjointe au maire chargée de la vie associative et de la diversité.
Et l’inénarrable Hugues Martin, premier adjoint au maire chargé des finances et de l’administration générale.

Trois anti-mariage pour tous dans les six premiers adjoints au maire.

Trois anti-mariage pour tous dans les six premiers adjoints au maire.

 

Pour les pas-du-coin, Hugues Martin est le vaillant soldat de paille qui avait remplacé au bras pied levé notre cher Juppé parti traumatiser des étudiants québecois suite à sa condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Notre équipe a le chef qu’elle mérite…

Récemment, Hugues Martin s’est encore illustré en proclamant en mai dernier qu’il refuserait de marier des personnes de même sexe, en faisant une affaire de conscience. Conscience qu’il va promener parfois, sûrement par étourderie, aux meetings de La Manif Pour Tous 33 :

On ne se lancera pas dans le démontage de toutes les balivernes que raconte Hugues Martin au cours de ces neuf minutes ; c’était juste pour donner une idée du bonhomme et de son « engagement ». A noter également en passant, le fait qu’il soit depuis 2006 membre du comité d’honneur du MIL (Mouvement Initiative et Liberté), mouvement « gaulliste et patriote » connu pour ses affiches aux doux slogans comme : « La France, aimez-la ou quittez-la », « Le tchador ou la France, il faut choisir », « La sécurité, la première des libertés », « Être français ça se mérite », et la plus drôle « La réforme sauve les retraites »…

Non, ce qui est amusant, c’est de voir que quand dans une municipalité on se fait virer pour ne pas avoir respecté un simple arrêté municipal, dans notre bonne vieille Bordeaux la bourgeoise il ne semble poser problème à personne de voir des élus se prononcer pour refuser des droits à certains de leurs administrés sur le seul (simpliste, et discriminatoire) argument de leur sexualité. Pire, l’un d’entre-eux annonce d’ores et déjà qu’il refusera d’appliquer la récente loi sous prétexte d’une « clause de conscience » qui n’a pas été reprise dans la loi votée par les parlementaires.

Mais c’est Bordeaux ici, pas Dax ! Les lois on les contourne, pour que notre ville reste aux mains de nos bons gros bourgeois catholiques (avec un casier judiciaire pour certains… ;))