L’Espagne vote une loi contre les migrants et les manifestants.

En projet depuis plus d’un an, la loi sécuritaire et liberticide visant les migrants et les manifestants a été votée ce jeudi par le parlement espagnol, à 181 voix pour et 141 contre, le Parti Populaire dirigé par le Premier ministre Mariano Rajoy, y ayant la majorité absolue.

 

Expulsions sommaires.

Dans les villes espagnoles de Ceuta et Mellila, enclavées en Afrique du nord, la police est désormais autorisée à refouler manu-militari (ce qu’elle faisait déjà, la loi ne servant du coup qu’à couvrir le gouvernement espagnol) ou à remettre à la police marocaine toute personne surprise en train d’essayer de franchir les clôtures frontalières vers ces deux villes.

Et toute personne qui essaiera de s’opposer ou d’empêcher les autorités de procéder à des expulsions pourra être condamnée à payer une amende pouvant aller jusqu’à 30.000 €.

Frontière hispano-marocaine à Melilla.

Frontière hispano-marocaine à Melilla.

 

Manifestations quasiment interdites.

Cette nouvelle loi de « sécurité publique » dit également que désormais, lors de manifestations se tenant devant le Parlement et devant des installations ou bâtiments « stratégiques », si ces manifestations sont jugées comme « ayant pour but de troubler la paix », les organisateurs pourront alors écoper d’amendes allant jusqu’à 600.000 € !

Et si, de rage, ils insultent un policier : 600 € de plus. Sans parler des amendes pouvant se monter à 30.000 € pour celui ou celle qui s’amusera à diffuser des photos d’opérations de police ou de policiers qui mettraient ces derniers en danger (!).

Madrid, 14 novembre 2012.

Madrid, 14 novembre 2012.

 

Tout gouvernement est fait pour protéger les privilégiés.

L’Espagne connaît des manifestations quasi-hebdomadaires depuis le début de la pseudo-crise en 2008 et la mise en place des premières mesures d’austérité. Mesures durcies en 2011 avec l’arrivée de Rajoy, et manifestations qui ont alors parfois fini en affrontements avec la police.

Voilà donc ce que met en place un gouvernement capitaliste face à la révolte sociale : la répression des mouvements sociaux et la stigmatisation de l’immigré, responsable idéal de cette crise créée par les états capitalistes. Et que l’Espagne soit ou non en conformité avec les lois européennes n’est pas le problème, car l’on retrouve cette politique, à des niveaux divers, dans tous les pays européens. Cet usage de la force (fut-ce par amendes interposées, même si l’on sait que les matraques policières vont continuer à s’en donner à cœur joie) et cette recherche d’un bouc émissaire pour détourner l’attention de soi, démontre que les gouvernements sont inquiets, incapables et que leur seul « rôle » et de faire en sorte que perdurent les classes sociales. Surtout la leur.

[billet basé sur l’article du Guardian]



Si des gens maîtrisant l’espagnol ont d’autres infos sur les points qui seraient ou non passés par rapport au projet (comme par exemple sur déshonorer le drapeau, critiquer ou se moquer du gouvernement et des politiques, etc.), je pourrai alors, éventuellement  et si nécessaire, mettre ce billet à jour.