La Nouvelle Acropole avance (toujours) masquée.

C’est un simple tract déposé dans une boulangerie qui a tout d’abord attiré mon attention. Imagerie de la Grèce antique en couleurs saturées pour annoncer une conférence intitulée « La voix du héros ». ça m’a immédiatement rappelé ces affiches que je voyais souvent sur les murs il y a 20 ou 25 ans : les affiches de la Nouvelle Acropole.

NABige

Et en effet, en bas du tract était bien apposé le logo de cette « association culturelle » qui a souvent défrayé la chronique par le passé. Sous couvert de cours de philosophie, NA organise des conférences où se mêlent spiritualités orientalisantes, mysticismes du fond des âges, quête de soi et autres marronniers new-age. Plus grave, est souvent faite dans ces conférences l’apologie de médecines naturelles, toutes plus farfelues les unes que les autres et présentées comme des alternatives valables à la médecine traditionnelle ; bref, du charlatanisme médical. Une recherche sur un moteur de recherche quelconque vous donnera des heures de lectures à ce sujet.

Mon premier réflexe fut de me dire qu’il fallait peut-être prévenir le lieu (que je ne connaissais pas) qui accueillait cette conférence de ce qu’est la Nouvelle Acropole, mais j’ai vite vu que cela s’avérerait bien inutile. En effet, un coup d’œil sur la page des conférences m’a vite mis la puce à l’oreille : tout ce qui est organisé à l’Espace Mouneyra l’est par la Nouvelle Acropole (sous étiquette ANAB, Association Nouvelle Acropole Bordeaux), et tous les intervenants sont des « responsables » de NA. Logique : l’Espace Mouneyra et Nouvelle Acropole ne font qu’un. Le premier a beau être domicilié au 118 rue Mouneyra et le second 2 rue Boyer, il s’agit du même local.

Mais si la Nouvelle Acropole Bordeaux fait souvent référence à l’Espace Mouneyra sur son site, ce n’est pas le cas dans l’autre sens. Pas une fois il n’est fait mention dans la page « qui sommes-nous ? » de l’appartenance des bénévoles à la Nouvelle Acropole. Pourtant c’est bien Thierry Adda, président local de NA, qui fait chauffer la carte bleue pour le nom de domaine

Mouneyra

Frédéric Brauge est également membre de Nouvelle Acropole. Il est aussi le responsable sur Bordeaux de l’association Géa (Groupe d’Ecologie Active qui n’est, avec l’Espace Mouneyra, qu’une des innombrables associations satellites de la Nouvelle Acropole). Via cette asso, il infiltre les mouvement écologistes, en organisant depuis quatre ans (au sein de l’Espace Mouneyra) le forum Viva Gaïa centré sur l’écologie et l’économie solidaire, où interviennent, outre les inévitables « têtes » de NA, des organismes plus « sérieux » comme Atis ou le Crédit Coopératif. Frédéric Brauge est apparemment aussi actif dans le mouvement Colibris, ce rassemblement écolo-foutoir créé par le pauvre Pierre Rabhi.

Alors, secte ou pas secte ? Les liens avec l’extrême-droite existent-ils toujours ? En tout cas, le seul fait pour l’Espace Mouneyra de ne pas se présenter comme ce qu’il est, à savoir le local officiel de la Nouvelle Acropole Bordeaux le rend de fait suspect. Quant à la Nouvelle Acropole elle-même : pourquoi se cache-t-elle derrière cette multitude d’entités ? (Plusieurs ouvrages ont recensé les organismes satellites de NA)

Fait plus inquiétant : on retrouve beaucoup de ces conférences annoncées sur le site Démosphère Gironde, un agenda participatif plutôt militant. On y retrouve des annonces pour des conférences payantes (8 à 10€) et des stages à 40€ la journée quand parmi les critères de Démosphère est indiqué qu’un rendez-vous doit « être ouvert à tou-te-s sans distinction (par exemple, les tarifs des évènements payants doivent être raisonnables pour ne pas exclure les personnes à faibles revenus) ». Des conférences où sont mis en avant le développement et la réussite personnelles, c’est à dire l’individu centré sur lui-même, fut-ce au détriment des autres et à l’opposé, donc, de toute idée de solidarité. Solidarité qui pourtant, est généralement un élément primordial des événements relayés par Démosphère Gironde…