Jette-toi dans la Garonne, Alain !

Autre thème cher à l'extrême-droite : la théorie (ha ha ha !) du "grand remplacement".

Depuis sa réélection à la Poutine à la mairie de Bordeaux et sa reprise de la Communauté Urbaine de Bordeaux à la gauche, notre Alain Juppé, pris dans son élan, a balancé dans la foulée sa candidature à la primaire de l’UMP. Depuis, l’on voit son front soucieux et sa voix tranquille partout dans les médias qui le sollicitent plus que de raison, bouches béantes et yeux en soucoupes devant tant de sérénité concentrée en un seul homme. Juppé, c’est le vécu, l’expérience : c’est le nouveau père tranquille, le médiateur des conflits, l’éduc-spé de la scène politique française. Au point que même à gauche on peut entendre des réflexions du type « il est quand même cool pour un gars de droite. Posé et modéré quoi. »

Tellement cool, posé et modéré le Juppé, qu’il vient justement d’accorder un entretien à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, fleuron de la presse pas cool, pas posée et pas modérée.

Cravate de traviole, attitude nonchalante et cuisses obscènement écartées : Juppé est complètement zazou !

Cravate de traviole, attitude nonchalante
et cuisses obscènement écartées :
Juppé est complètement zazou !

 

Pour rappel, ce magazine – avec plein de sous derrière ! – est le chaînon malheureusement non-manquant entre le Figaro et Minute. Un journal où l’on retrouve les éditos de François d’Orcival, formé par l’extrême-droite radicale, et qui accueille dans ses pages des plumes dégueulassement réacs de la droite dure, étalage d’homophobie, de racisme et de sexisme. Un journal avec une ligne éditoriale identitaire, dans ce que le terme a de plus puant.

Reprise des "thèses" des identitaires et des cathos intégristes comme quoi ce serait les LGBT et les racisés qui feraient la loi.

Cathophobie, théorie du genre, racisme anti-blanc, français de souche…
Valeurs Actuelles reprend allègrement le vocabulaire des identitaires.

Autre thème cher à l'extrême-droite : la théorie (ha ha ha !) du "grand remplacement".

Autre thème cher à l’extrême-droite :
la théorie du « grand remplacement ».

 

Comment, alors qu’il se dit – même tièdement – favorable au mariage pour tous et qu’il la joue tranquille sur l’immigration en parlant « d’identités heureuses », Juppé peut-il accorder du crédit à Valeurs Actuelles et légitimer ainsi les idées que ce torchon propage – quand ce ne sont pas de faux sondages – en acceptant de s’exprimer dans ses pages ?

Tout simplement parce qu’Alain Juppé partage la même ligne politique que Valeurs Actuelles. Il aura beau aller serrer des pognes auprès des militants LGBT et féministes et pousser le projet de la grande mosquée de Bordeaux, il est et restera un homme de droite. Au niveau local par exemple :

  • Bordeaux est une des rares (la seule ?) villes de France où la mairie ne met pas gracieusement à disposition un local pour le Planning Familial.
  • Alain Juppé a donné à la fraternité Saint Pie X la gérance de l’église Saint-Eloi, repaire de catholiques bourgeois intégristes où l’on a vu passer, entre autres personnes peu recommandables, Dieudonné qui y a fait baptiser sa fille en compagnie du parrain, Jean-Marie Le Pen.
  • Plusieurs membres de l’équipe municipale de Juppé (du précédent et de l’actuel mandat) participent aux manifestations ou font tout simplement partie de La Manif Pour Tous.

 

Positionnement confirmé dans l’entretien accordé à Valeurs Actuelles où Juppé reformule à sa sauce modérée le trop fameux slogan « la France, tu l’aimes où tu la quittes » :

Et optimisme ne veut pas dire naïveté : je ne sous estime pas les difficultés de l’intégration. Mais il ne faut pas renoncer. Il faut assumer nos valeurs d’une manière heureuse, développer l’attachement à la nation, le patriotisme. Je reviens des Etats-Unis, et j’aimerais voir en France, comme là-bas, des drapeaux français sur chaque façade de chaque maison…

 

Enfin, il serait bon de ne pas oublier les casseroles au popotin que se traîne Juppé, que ce soit concernant l’appartement du fiston, les emplois fictifs de la mairie de Paris ou, plus grave, son rôle concernant les massacres couverts par le gouvernement français au Rwanda. Des casseroles que personne ne semble vouloir ressortir du buffet, manière d’y mettre un petit coup de torchon… Et personne ne semble non plus vouloir se souvenir qu’Alain premier ministre, c’était pas la fiesta : le bien nommé Plan Juppé, l’évacuation violente de l’église Saint-Bernard, et des privatisations à la chaîne.

 

Tout aussi pourri par le pouvoir que Mitterrand et Hollande, tout aussi réac, sexiste et raciste que Chirac et Sarkozy, Alain Juppé est pourtant présenté comme quelqu’un de droit dans ses bottes. Il faudrait juste rappeler de temps en temps que ces bottes sont pleines de merde.