Il est tombé bien bas, c’est la faute à Boulevard Voltaire

Le nom de Michel Cardoze évoquera pour certains ces bulletins météo de la fin des années 80 que notre moustachu plein de bonhommie égayait d’une grosse fleur à la boutonnière et d’un poème en guise de clôture. Pour d’autres cela sera peut-être une voix qui sent bon le sud-ouest qui officie sur France Bleu Gironde et Sud Radio. Pour moi, c’était surtout un bon volume de la série Le Poulpe aux éditions Baleine.

Mais qu’a fait ce sympathique talençais de naissance et pessacais de résidence, journaliste truculent et amoureux des régions qui a débuté, en bon militant du PCF, à l’Humanité pour se retrouver moqué ici ? Disons qu’il a glissé. Ou plutôt qu’il a exécuté un pas de côté – large, le pas – dans un mouvement de la gauche vers la droite – extrême, la droite.

Cardoze en "bonne" compagnie sur le site Boulevard Voltaire

Cardoze en « bonne » compagnie sur le site Boulevard Voltaire

Avec Cyrano de Bergerac et Jeanne d’Arc comme idoles, l’amour du bon vin et des produits bien de chez nous qui sentent bon le terroir, Michel Cardoze n’a eu besoin que d’une pichenette, administrée par Ménard, son collègue d’antenne à Sud Radio, pour révéler son populisme nauséeux sur le site tout aussi vomitif qu’est Boulevard Voltaire, le cercle de ceux qui pensent en rond. Certes, ce n’est pas arrivé d’un coup puisque de l’Humanité, Cardoze est allé précédemment s’encanailler – avec l’appui de Mitterrand quand il a placé « ses » journalistes dans les médias après son élection en 1981 – à TF1 et TMC, chaînes peu friandes de couleur rouge, à moins de l’associer à un blanc monarchiste et un bleu virginal. Cardoze a été communiste, et prétend toujours être de gauche ; comme un certain René Balme ?…

Sur le site de Robert Ménard, Cardoze se lâche, crache, dénonce, montre du doigt. Et c’est tout. Des billets d’humeur qui atteignent tout juste le niveau d’une discussion de bistrot où fusent les « il nous faudrait une bonne guerre », « tous pourris » et autres fleurons du bon sens français qui glissent assez généralement sur « ils bouffent notre pain » et « ils dirigent tout » ; je vous laisse deviner, pour ces deux derniers exemples, qui peuvent bien être ces « ils ». Pas d’analyses, pas de propositions. Tout le monde est méchant, tout le monde est bête, les élus comme les prolos. Du cynisme petit bourgeois dans toute sa splendeur.

Restent deux questions.
La première à Michel lui-même : Pourquoi, camarade, alors que tu peux dire des choses pas si bêtes*, vas-tu donc traîner tes bacchantes chez ces réacs qui frayent joyeusement avec les conspis ?
La seconde sera pour Sud Radio, France Bleu et TV7, employeurs de Michel Cardoze : ça va ?

* comme par exemple fin 2011 face à son co-animateur sur Sud Radio, Eric Mazet qui avait lancé cette superbe question aux auditeurs : « DSK est-il soutenu par le lobby juif ? ». Cardoze a apparemment le chic pour bien choisir ses comparses. Mais Robert Ménard adopte cette même position défensive à l’antenne quand il étale sa haine sur son site…